Assistant(e), métier de l’ombre… jusqu’à quel point ?

    Par le 12 juin 2017

    Après un précédent billet sur la surqualification quand on est assistant(e), voici une autre situation à laquelle sont confrontées les assistant(e)s : le manque de reconnaissance.

    Le manque de reconnaissance : un mal d'assistant(e) ?

    Mon patron ignore ce que je fais, il ne se rend pas compte du travail que j’effectue

    Le manque de reconnaissance est un mal dont souffrent nombre de salariés mais qui frappe de plein fouet les assistant(e)s. En effet, nos patrons, soumis à un reporting croissant, dirigent généralement leurs attentions et inquiétudes vers leur propre hiérarchie, clients et autres actionnaires. Or, dans reconnaissance, il y a connaissance. Nos patrons savent-ils exactement ce que l’on fait ? Rien n’est moins sûr. D’une part car l’assistanat, à l’instar d’autres fonctions support, n’est pas considéré à sa juste mesure. D’autre part car nos patrons ne voient parfois que la face émergée de l’iceberg. Par exemple, l’aspect humain-relationnel de notre fonction, bien qu’indispensable à la cohésion de l’équipe, dans un monde tout-digital, n’est pas reconnu.

    De plus, notre liste de tâches évolue, parfois contre notre gré et de manière informelle, insidieusement, notamment lorsqu’une nouvelle mission nous tombe dessus faute de moyens humains dans l’entreprise ou car notre dragon de collègue ne fait pas son travail (qui n’a jamais eu affaire à un collaborateur éconduit qui nous tend son travail d’un air penaud : »Steuplé, tu peux m’faire ça ? »).

    Coucou, je suis là !

    Qu’à cela ne tienne, c’est l’occasion de ressortir notre fiche de poste pour la dépoussiérer et lui refaire une petite beauté. Pourquoi pas sous la forme d’une cartographie de nos tâches (format coloré et « sexy », svp !) en y faisant figurer le  détail et le temps consacré à chaque activité.  Sans oublier le volet humain, quantifiable bien qu’impalpable. Cette cartographie/état des lieux nous permet non seulement de voir comment a évolué notre poste depuis notre entrée en fonction, mais elle pourra aussi servir de support de négociation lors de notre entretien annuel.

    Ça sera ainsi l’occasion de demander des formations pour les tâches qu’on effectue sans y être formé(e), ou bien de signaler les tâches pour lesquelles nous sommes désormais surqualifié(e) (« Je suggère de déléguer le courrier à une autre personne et de me confier en retour une mission à valeur ajoutée. C’est un un meilleur calcul pour l’entreprise aussi »).

    Enfin, quitte à rappeler à notre patron ce que l’on fait, autant en profiter pour lui demander de faire de même. En effet, il existe parfois des zones d’ombre dans l’activité de notre hiérarchie, sans qu’on ose demander des éclaircissements. C’est donc le moment de le faire, qui pourra nous reprocher une attitude constructive ?

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    Dominique SEHPOSSIAN Il y a 1 semaine

    Ce billet est éloquent et j’ajouterai que notre fonction change avec les présidents (tes) qui se succèdent et du même coup nos missions évoluent, changent. Le moment pour faire reconnaître l’éventail de nos missions est difficile à trouver, d’autant plus qu’il y a plus séducteur (trice) que vous, pour reprendre les missions qu’il ou elle préfère, mais d’autres surtout pas. Finalement, votre direction vous cantonne à votre fonction d’assistante de direction POINT. C’est difficile au début et puis c’est cela devient confortable en attendant de trouver ailleurs en gardant les neurones en activité et surtout en découvrant plein de choses qu’on n’a pas eu le temps de voir avant !

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    Maud Il y a 2 semaines

    Beaucoup d’assistantes se reconnaîtront dans cette situation ! Le problème étant qu’une grande partie du travail effectué ne se voit pas : on oublie immédiatement tout ce qui a bien fonctionné sans imaginer la masse de travail que cela peut représenter (on ne parle que des trains en retard…) Beaucoup d’assistantes travaillent dans de petites structures où l’employeur se garde bien de rédiger une fiche de poste, et où il n’y a personne à qui déléguer les tâches sans valeur ajoutée. A part en automatiser et rationnaliser le plus possible, rien à faire.
    Une idée à retenir cette cartographie, qui évite lors de l’entretien annuel la litanie de « je fais cela, cela, cela, cela, cela, et puis aussi cela, sans compter tout le reste », d’autant que le supérieur n’aime pas toujours entendre qu’on travaille pour quelqu’un d’autre et qu’il n’est pas très élégant de lui rappeler les multiples services « personnels » rendus…
    Un dernier risque : si le support est trop réussi, il n’est pas exclu qu’on vous demande de réaliser de belles infographies du même genre pour vos supérieurs 🙂

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      Amandine Il y a 2 semaines

      Bonjour Maud,
      je suis actuellement en reconversion professionnelle et le métier d’assistante de direction m’intéresse. Afin de recueillir un maximum d’informations sur le métier, j’effectue des enquêtes. Accepteriez vous de répondre à un questionnaire ?
      Cordialement.

      Maud Il y a 2 semaines

      Bonjour Amandine,
      Je ne suis pas assistante de direction mais j’ai une expérience d’assistante juridique.
      Vous pouvez me contacter si vous le souhaitez à cette adresse :
      thesissi38
      [at]
      hotmail.com
      Cordialement,
      Maud