Assistant(e)s et office manager(s), comment gérer votre surqualification ?

    Par le 6 juin 2017

    Phénomène plus répandu en temps de crise mais pas exclusivement, la surqualification est multi-facettes. Elle a des implications de diverses natures : d’une part en termes d'[in]adéquation entre notre profil et les besoins du poste, d’autre part au niveau des codes qui régissent les relations avec notre hiérarchie et nos pairs.

    « Qui peut le plus peut le moins » ? Pas forcément…

    Lorsqu’on est en recherche d’emploi, on peut imaginer qu’un recruteur sera ravi d’avoir une personne surqualifiée pour occuper le poste qu’il propose. Or, cela n’est pas systématique, loin de là. En effet, celui-ci risque plutôt de penser que l’on va s’ennuyer et s’échapper à la moindre embellie. De plus, les recruteurs sont sensibles à leur image et l’idée que l’on postule chez eux faute de mieux n’est pas valorisante.

    En ce qui concerne la stratégie de reculer pour mieux sauter, la prudence est de mise. J’ai été témoin d’une situation de blocage dans laquelle s’est retrouvée une personne fraîchement diplômée d’une école de commerce. Elle avait fait le choix de prendre un poste d’assistante de direction afin d’intégrer l’entreprise, en vue d’évoluer ensuite en interne rapidement vers un poste « à sa mesure ». Cette personne s’est vite retrouvée dans une situation très inconfortable vis-à-vis d’une autre assistante de direction qui voyait en elle une concurrente déloyale et vis-à-vis des personnes disposant du même diplôme obtenu dans la même école. En effet, elles ne comprenaient ni ne cautionnaient son choix et lui reprochaient de décrédibiliser leur diplôme. Je sais que par la suite, cette personne a rencontré les plus grandes difficultés pour évoluer.

    A tout cela s’ajoutent les soucis rencontrés par les entreprises pour recruter des assistantes de direction et donc les réticences parfois à s’en séparer pour les faire évoluer.

    Quant à notre management, il peut-être lui aussi désarçonné. En effet, nos fonctions sont des socles sur lesquels il s’appuie. Nos managers attendent donc tel niveau de service, en termes de contenu, et pas tel autre. L’une de mes anciennes patronnes voyait rouge dès que je tentais d’aller au delà de ce qu’elle attendait de moi. Pour autant elle avait la plus grande considération pour mon poste, dont elle reconnaissait qu’il lui était indispensable. Notre collaboration, compacte et cadrée, la rassurait. Ce qui explique que je ne pouvais changer les règles du jeu unilatéralement sans risquer de brouiller les pistes et d’affecter son travail à elle.

    Alors que faire ?

    D’une part, avant de postuler à un poste sous-qualifié, il faut évaluer les risques pour notre carrière sur les moyen et long termes. D’autre part, il faut distinguer ce qui relève d’un choix délibéré de notre part de ce qui s’apparente à une braderie de nos compétences. Par ailleurs et lorsqu’on se sent à l’étroit dans son poste, il est important de communiquer, planifier et tenter d’organiser une sortie de crise avec sa hiérarchie, dont les suggestions sont les bienvenues. Enfin, une alternative consiste aussi à aller chasser le bon poste à l’extérieur.


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    Maud Il y a 6 mois

    Ce constat est très exact. On peut le vérifier notamment dans le domaine de l’assistanat juridique, du fait du trop grand nombre de juristes sur le marché, certains diplômés en ayant les compétences peuvent être tentés de passer par la case « Assistant juridique ». Attention toutefois : il existe un réel plafond de verre qui rend très difficile l’évolution vers un poste purement juridique. J’ai dans mon entourage une personne qui s’est résolue à occulter cette expérience sur son CV, malgré toutes les compétences qu’elle y a développées, et cela a fonctionné, les retours sur ses candidatures se sont nettement améliorés et elle a obtenu le poste convoité.

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