Assistantes, osez mettre vos talents en valeur

Par le 26 juin 2012

On le sait bien, le métier d’assistante ne bénéficie pas de la valorisation et de la reconnaissance qui pourraient être les siennes, compte tenu de sa participation à la réussite des organisations. En formation, nos stagiaires nous le disent bien, il suffit qu’elles s’absentent pour que le service tourne moins bien et que leur utilité apparaisse au grand jour. En somme, ce sont des professionnelles qu’on ne remarque pas beaucoup quand elles sont là, mais dont l’absence se fait sentir.

Alors pourquoi si peu de visibilité ? J’ai essayé de comprendre les origines de ce manque de reconnaissance. Je vous livre l’état de mes réflexions ainsi que quelques conseils pour sortir de l’ombre.

Manque de reconnaissance des assistantes : des causes multiples

J’identifie trois familles de causes à cette situation : au niveau de la société dans son ensemble, au niveau de l’entreprise et au niveau des assistantes elles-mêmes.

La société n’a pas pris en compte l’évolution qu’ont connue les métiers d’assistanat depuis une trentaine d’années. Elle véhicule des stéréotypes qui font de l’assistante une exécutante et de l’assistanat un métier facile que tout le monde peut faire. La féminisation extrême du métier contribue encore à sa dévalorisation. En outre, les médias n’aident pas à faire évoluer cette image. Ils ne parlent que très peu des assistantes, à l’exception du jour de la fête des secrétaires.

Au niveau de l’entreprise, le rôle de l’assistante n’est pas vraiment mis en valeur : il s’agit d’une contribution cachée. La responsabilité en est partagée entre manager et assistante. Un manager qui n’a pas clairement conscience de toute la contribution de son assistante à sa réussite personnelle et à celle de son équipe. Une assistante qui n’ose pas toujours se mettre en valeur ni sortir de son rôle stricto sensu. Ajoutons que l’appartenance à la fonction administrative, considérée comme improductive, ne contribue pas à faire évoluer favorablement la situation.

Au niveau de la personne enfin, le fait féminin est très important, même s’il n’explique pas tout. Les femmes sont globalement moins à l’aise que les hommes avec la valorisation de soi. C’est une question d’estime de soi et de confiance en soi, liées à une très grande exigence vis-à-vis de soi. En effet, comment aller de l’avant et oser se mettre en valeur quand on n’est pas sûr de soi et de ses compétences ? C’est le cas quand on se place la barre très haut. On a moins de chances d’être content de soi que quand on a une vision plus réaliste des choses.

Changer le regard que l’on porte sur soi pour faire changer le regard des autres

Pour que le regard des autres sur soi change, il faut commencer par changer le regard que l’on porte soi-même sur soi. Et donc développer estime de soi et confiance en soi.

Dans un premier temps, il est nécessaire de mieux se connaitre. Et notamment d’évaluer son poste et ses réalisations en les comparant aux attentes du marché vis-à-vis de la profession. À titre d’exemple, je vous renvoie à un article dans lequel j’ai présenté les 12 caractéristiques de la top assistante, selon IAAP (l’association des assistantes américaines).

Il est nécessaire ensuite de faire preuve d’un peu d’indulgence vis-à-vis de soi. Cela consiste à baisser un peu le niveau d’exigence vis-à-vis de soi, à faire taire les petites voix négatives qui nous paralysent et à reconnaitre ses succès et réussites pour pouvoir capitaliser dessus.

Cette prise de confiance en soi permet d’oser sortir de sa zone de confort et de prendre des risques en se proposant pour des missions qui sortent de l’ordinaire.

Passer du savoir-faire au faire savoir

De la même manière qu’il ne suffit pas à une entreprise d’avoir de bons produits pour les vendre, il ne suffit pas à une assistante de bien travailler, encore faut-il que les autres le sachent.

Après la confiance en soi, vient donc l’affirmation de soi.

Quelques pistes en vrac :

  • Oser parler de ses réussites, particulièrement avec son manager lors des entretiens annuels et au quotidien.
  • Prendre la parole lors des réunions.
  • Se faire connaitre au-delà de son service. Par exemple, se porter volontaire pour de nouveaux projets, surtout s’il s’agit de projets transverses qui vous permettront d’être en contact avec des personnes qui ne vous connaissent pas.
  • Faire figurer son nom sur les documents dont on est l’auteur.
  • Élargir son horizon : déjeuner avec des personnes de services différents
  • Cultiver son réseau.
  • Etc.

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rullier annie Il y a 2 années

comment cultiver son réseau

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Nadia Il y a 2 années

Je suis assistante depuis plus de 10 ans et je suis d’accord avec ce qui précède.
Au début, j’étais timide et après j’ai commencé à m’imposer gentiment et le fait de participer à des projets avec d’autres départements m’a permis de m’approcher de mes collègues et d’affirmer ma position .

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marie Il y a 6 années

Je viens de tomber sur ce blog car je cherche désespérément des infos, des actualités sur les assistants et …voilà !
Tout d’abord, si cet article me parle très fortement, j’avoue que je tique sur le titre : les assistants ne doivent pas oser, comme si cela devait être un événement, quelque chose de forcé. Mais une évidence, comme pour tout autre collaborateur, homme ou femme, administratif, support ou autre. Hélas, je suis bien consciente, comme cela a été évoqué également dans l’article, que les assistants (le plus souvent des assistantes je sais) ont déjà du mal à se réaliser et à s’affranchir d’un discours encore très réducteur sur le professionnalisme féminin (non non, je ne fais pas de féminisme gratuit, s’il vous plait, pas de commentaire dans ce sens) qui est très mal vu, encore, surtout pour les assistantes. Beaucoup n’ont pas choisi leur métier, vu comme, au mieux, une filière « bouche trou », soit en sortant du lycée, soit en sortant de la fac. Ce qui, il faut bien avouer, ne prédispose pas à l’intérêt ni à l’estime de soi. Ce qui n’est pas le cas des hommes qui font montre d’une autre confiance en eux.
Pour ma part, je me présente d’emblée, et ce depuis plusieurs années déjà, en tant que collaboratrice plus qu’une éxécutante, en tant qu’assistante plus que comme secrétaire. Je suis intérimaire depuis le début de la crise, mais j’assume mon rôle (je sais bien, soyons honnête et pour y avoir été très souvent confrontée, que ce statut est très mal compris, représenté, estimé dans l’économie française, à commencer, dans mon métier pas les autres « chanceuses » en cdi…. qui n’ont cependant ni ma polyvalence ni mes connaissances ou responsabilités….). J’ai en effet eu la chance, mais j’ai aussi su provoquer les opportunités, d’avoir d’autres tâches plus larges et d’ouvrir mon champ d’activité. Cela ne plait pas à tout le monde mais il faut savoir « se vendre » oui oui, ce terme que l’on aime pas en France et que, surtout, on apprend pas aux filles… A une époque où la concurrence est rude, où de plus en plus d’assistantes sont issues de cursus au moins bac +3, il est dommage de les voir se « cantonner » dans des tâches qui ne sont pas toujours intellectuellement stimulantes.
Si l’on ne provoque pas, si l’on ne demande pas, que ce soit job, promotion, tâches, responsabilités, augmentation, et bien l’on n’obtiendra rien.
J’aimerais que l’on parle des possibilités pour les assistantes de devenir par exemple secrétaire général d’une entreprise (j’en connais, dans des grandes entreprises de surcroit), responsable marketing ou de compte, responsable informatique, bref qui sortent du lot « traditionnel » de l’alternative en RH ou office manager, fonctions très féminines encore, ne pas sortir du lot surtout !
C’est difficile j’en conviens, surtout quand rien n’est là pour aider, parfois ni les proches, mari, compagnon, famille, managers… mais il faut persévérer. Même sur les réseaux sociaux professionnels, rares sont les vrais beaux profils d’assistantes, les groupes constitués d’assistantes sont quasi exclusivement des groupes UK ou US (et les françaises) où on ne parle que de problématiques …d’assistantes de base (important de s’ouvrir et de traiter de sujets plus transverses). Et, souvent, les assistantes ne se joignent qu’à d’autres assistantes ; pour moi c’est l’écueil, on reste entre soi, peut être surtout aussi il est vrai en raison du « rejet » des autres personnes sollicitées qui nous considèrent comme « indignes » de faire partie de leur contacts… Pas facile il est vrai mais il faut commencer je pense par considérer que l’on vaut.. beaucoup, bien plus que la fête des assistantes (navré mais ça, je ne peux pas) et surtout prendre son destin en main. Voilà un bien long commentaire, un peu décousu.

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Cécile Il y a 7 années

Bonjour,

Je rentre de congés et prends le train en route de cet article fort intéressant et qui reflète véritablement notre réalité.
Je pense que la structure et le manager jouent pour beaucoup. Personnellement je suis consciente de ma valeur, de ce que je suis, de mes compétences et aussi de mes limites. Je suis devenue assistante de direction par la promotion interne. Je me suis beaucoup formée et étant seule sur cette fonction (plutôt office manager) j’ai été autonome très rapidement.
Le fait de venir d’un autre service me pose des problèmes de crédibilité et mon manager m’accorde peu de considération, de plus il est autonome et communique peu. L’entreprise considère que les assistantes sont interchangeables, ce qui est faux, car lorsque nous sommes absentes, certaines choses ne sont pas faites.
Voilà pourquoi aujourd’hui je me rapproche des réseaux d’assistantes, participe aux blogs quand je peux, les mentalités doivent évoluer.
Je me dis souvent que le titre d’ « assistant(e) » ne nous valorise pas, c’est dans la tête mais c’est vrai, il devrait être « attaché(e) ».
Qu’en pensez-vous ?

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Christine Harache Il y a 7 années

A mon avis, le faire savoir concerne un peu tout le monde. Certainement un peu plus les assistantes, parce qu’on n’a pas tendance à penser à elles spontanément.
Merci de votre témoignage qui va faire plaisir à bien des assistantes.
Quel humour ce pseudo !!

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Humble Grouillotte Il y a 7 années

Passer du savoir-faire au faire savoir…
Oui.

Dans une autre vie j’étais formatrice, j’ai formé beaucoup d’assistantes.
Mes « a priori » sur le métier ont rapidement été balayé par l’intelligence, la « carrure » des personnes que j’avais en face de moi.
De vrai « bibliothèques d’entreprises ».
Aujourd’hui, pour un certain temps je suis assistante, et je comprends parfaitement votre phrase « Passer du savoir-faire au faire savoir… »
Je n’avais jamais pensé à la nécessité de devoir « montrer, démontrer » ce que chaque jour je m’évertue à faire bien….

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kourtaa Il y a 7 années

pas de réponse pour mon méssage, je crois je ne suis pas sur le bon blog.

by…

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kourtaa Il y a 7 années

Je crois que vous n’avez pas bien lu mon message, j’ai besoin d’info, concernant ma demande.

si ne trouve pas sollution, je serai obligé de laisser cette formation.

Merci

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denise Il y a 7 années

Merci Marie pour cette intervention cela m’encourage.
je suis entrain de faire un travail pour amener les managers à comprendre que l’assistante ou même la secrétaire exerce un métier transversal à plusieurs métiers. elle a donc une vue générale des différents métiers de l’entreprise et même au sein de l’administration. il y en a encore qui pensent qu’une personne qui est au secrétariat n’est qu’une exécutante sans réflexion. je suis parfois un peu embarrassé quand une secrétaire fait preuve de nonchalance dans son travail. je crois que ces travaux pourront profiter à toutes les secrétaires et assistantes.
Une fois de plus merci Christine pour tes encouragement grâce à ce site.

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Christine Harache Il y a 7 années

Merci Denise et Marie, pour vos témoignages qui remontent le moral. Des choses bougent effectivement dans le métier. Les changements viendront des assistantes elle-mêmes.
Christine

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Marie Il y a 7 années

Bonjour,
pour ma part, j’ai fait connaître à mes supérieurs mon appartenance à une association d’assistants (en leur précisant également que j’étais la présidente à l’époque). Nous avons organisé quelques réunions au sein de mon entreprise et lors de la toute première, un directeur est venu faire une brève présentation de la société. Des assistantes qui s’intéressent au tissu économique de leur région, génial non ?
Je fais part aussi de certains déplacements aux salons professionnels, aux conférences spécifiques sur le métier.
Ces actions montrent que nous existons, que nous nous prenons en charge et que nous souhaitons progresser dans notre métier.
Soyons solidaires, faisons le savoir, mutualisons, etc. agissons pour l’avenir de ce beau métier.

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denise Il y a 7 années

chez nous les choses commence à bouger, certains boss intègrent maintenant leurs assistantes dans la prise de décision, ce qui était difficile hier. la valorisation de ce métier grâce aux outils marketing me donne un peu plus de courage à lutter pour la valorisation de ce métier noble.
merci pour toutes vos intervention que je suis au quotidien.

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Christine Harache Il y a 7 années

Merci de ce commentaire Sosso, comme toujours très pertinent. Et bravo pour ce mandat : représenter le métier dans le cadre d’une GPEC, ce n’est pas rien. C’est une reconnaissance et une responsabilité.
Ce commentaire me fait penser que j’ai oublié de mentionner un point dans le chapitre « Passer du savoir faire au faire savoir », mais c’est sans doute évident.
De la même manière qu’en marketing d’entreprise, la communication efficace est l’expression du produit et ne le travestit pas, en marketing de soi, rien de tel que de rester soi-même et d’être cohérent et authentique.
Christine

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sosso Il y a 7 années

bonjour,
tout a fait d’accord dans le « faire savoir » cependant ne pas oublier qu’il y a une manière de « faire savoir » .
les F sont importants tout comme les 3 pieds d’un tabouret, ils sont indissociables,
– savoir être
– savoir faire
– faire savoir

fidèle lectrice, les articles me permettent dans mon entreprise de défendre la profession.
Non pas que j’ai le temps, simplement car j’aime cette profession non productive (dans les budgets c’est toujours un centre de coût), une contribution cachée comme tu le dis.
Alors ma contribution est de par ma fonction de changer le regard et démontrer l’apport d’une assistante.
Je suis toujours aussi étonnée d’être la seule à monter au créneau, devenir un référentiel et faire la promotion de la profession.
Satisfaction : l’entreprise sait maintenant qu’une assistante n’est pas une exécutante, dommage qu’apparemment dans mon entreprise il parait que je suis la seule ainsi.
Et c’est ainsi que j’ai été choisi pour représenter dans l’entreprise l’univers assistanat pour la GPEC.

Je pense pouvoir changer le regard et faire évoluer les choses en toute simplicité car je fais cela pour le plaisir, par passion de la profession, et je ne prends pas au sérieux.

Merci

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