Assistantes, comment collaborer avec la génération Y ?

Par le 19 octobre 2011

La génération Y envahit les entreprises depuis plus années.

Qui sont ces jeunes ? En quoi leur rapport à  l’entreprise est-il différent de celui des générations qui les ont  précédés ? Leur grande aisance avec les technologies constitue-t-elle un risque pour le métier d’assistante ? Comment instaurer une collaboration fructueuse avec eux ?

Autant de questions auxquelles je vais m’efforcer de répondre dans ce billet.

La génération Y

Et tout d’abord, comment peut-on définir une génération ?

Selon Wikipédia, une génération est un ensemble de personnes ayant à peu près le même âge et partageant un certain nombre de pratiques et de représentations.

Appartiennent à la génération Y les personnes nées entre 1978 et 1994.

Ce sont les enfants des baby boomers, eux-mêmes nés entre la fin de la seconde guerre mondiale et le début des années soixante. Les baby boomers ont grandi pendant une longue période de croissance économique et ont vu la société s’ouvrir et se libérer.

Enfants de ces parents-là, les membres de la génération Y ont acquis auprès d’eux un goût de la liberté et une confiance en eux-mêmes et en l’avenir.

Un rapport au travail différent

On dit parfois les membres de la génération Y ennemis du travail. Ce n’est pas le cas, c’est tout simplement que pour eux, le travail n’est pas la valeur primordiale dans la vie. Ils recherchent un équilibre entre vies professionnelle, associative, privée et loisirs. Ce qui compte avant tout à leurs yeux, c’est la qualité de vie.

Ils n’ont pas la patience de leurs ainés. Ils veulent  tout de suite un travail in téressant à responsabilités et  cherchent à « grimper »  dans la voie de l’expertise, quitte à passer pour « zappeurs ».

Ils entretiennent une relation de type contractuelle avec l’entreprise. Ce qui veut dire peu de fidélité, du donnant-donnant et une faible dépendance. Ils ne sont pas attachés à leur entreprises comme leurs ainés.

Leur vision de l’organisation est horizontale et égalitariste.  Ils n’acceptent plus l’autorité et la vivent comme une intrusion abusive dans leur vie.

Les valeurs importantes pour eux au travail sont le respect de la personne et la convivialité. Leurs attentes vis-à-vis de leur encadrement portent sur l’écoute, le respect et la reconnaissance. Ils trouvent normal de bénéficier d’une attention individuelle, car ils ont été beaucoup écoutés par leurs parents.

La génération Y, une menace pour le métier d’assistante ?

Les personnes de la génération Y savent encore moins que ceux des générations précédentes ce qu’est une assistante et quel peut être son apport.

Ont- ils vraiment besoin d’une assistante ?
Parfaitement à l’aise avec les technologies, ils sont très autonomes. Très sûrs d’eux, ils semblent n’avoir besoin de personne.

D’où la nécessité pour l’assistante d’être pro-active.

Précisons que les assistantes ne voient pas toutes l’arrivée des « Y » comme une menace pour le métier, mais plutôt comme une opportunité. Je vous renvoie à ce sujet à mon article d’avril dernier sur l’enquête Radioscopie des assistantes.

Assister son manager

Votre manager est peut être lui-même un peu dépassé par ces jeunes collaborateurs. C’est le cas de beaucoup de managers, parce que les techniques habituelles de management ne fonctionnent pas bien avec les « Y ».

Il n’a pas nécessairement conscience des attentes particulières de cette génération vis-à-vis de la hiérarchie. Il peut être utile d’attirer son attention sur les besoins des « Y » :

  • Être écouté
  • Être respecté
  • Être reconnu
  • Être managé individuellement  et pas collectivement

Les « Y » attendent en outre de la convivialité dans le travail. L’assistante peut jouer un rôle important dans le domaine.  Veiller à la bonne ambiance de l’équipe, par exemple ou organiser des événements festifs.

Poser le cadre de la collaboration avec un « Y »

J’évoquais plus haut la nécessité pour l’assistante d’être proactive. Il s’agit  bien pour elle de s’affirmer dans son rôle puisque le « Y » n’a, par définition, aucune
idée de ce qu’une assistante peut apporter. C’est à vous à poser le cadre de la collaboration et à faire valoir votre apport.

Qu’est-ce qu’un jeune collaborateur peut attendre de son assistante ?

Voici quelques pistes imaginées avec les membres de l’association EUMA lors d’une conférence que j’ai tenue sur le sujet :

  • La connaissance de l’entreprise et de sa culture
  • Ce qui se fait ne se fait pas : les codes
  • Les réseaux internes
  • Lui éviter de commettre des maladresses
  • La communication interpersonnelle dans l’entreprise : un rôle d’interface, de facilitateur, voire de parrain
  • La gestion des priorités (il peut avoir tendance à prendre plus d’engagements qu’il ne peut en tenir)
  • Si le « Y » est manager, on peut l’accompagner dans ce rôle pour privilégier la satisfaction de son équipe et pour développer la relation de confiance entre le jeune manager et son équipe (d’autant plus important face à des seniors)
  • Et enfin l’assister sur ses écrits. Et notamment le sensibiliser à l’importance de la qualité des écrits et l’aider avec ses fautes de syntaxe, incorrections et impropriétés.

Comment cela se passe-t-il pour vous ? Je fais appel à vos témoignages et expériences pour nourrir la réflexion.

Christine HARACHE

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Christine Harache Il y a 9 années

Merci Léa de nous communiquer cet article très intéressant.
Je pense que génération X et Y peuvent très bien collaborer. C’est même une richesse que d’avoir différents types de personnalités dans une équipe.
Vous vous reconnaissez dans le peu d’attachement des Y à l’entreprise. On dit que les Y sont moins attachés que d’autres générations à l’entreprise, parce qu’ils ont vu l’entreprise maltraiter leurs ainés et ne pas avoir de reconnaissance pour ceux qui lui ont consacré tant de temps et d’énergie. Je pense que c’est vrai aussi pour ceux qui ont été maltraités. La différence que je vois, c’est que pour les Y il s’agit d’un lien qui n’existe pas, alors que pour les autres, il s’agit d’un lien qui s’est défait dans la douleur.
Christine

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Léa56 Il y a 9 années

Bonjour Christine

Je rajoute un article de presse intitulé « ces X et ces Y qui se supportent au travail »
http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/morbihan/entreprise-ces-x-et-y-qui-se-supportent-au-travail-31-01-2012-1584325.php
Je n’ai pas assisté à cette conférence qui devait être intéressante, mais pas près de chez moi.
J’apprends que je fais partie de la génération X (nés entre 1960 et 1979). J’ai travaillé dernièrement avec un collègue de la génération Y (nés entre 1980 – 1995) et ça s’est bien passé. Je constate en lisant cet article que je me reconnais dans certains traits de caractères de la génération Y, dans le sens où je ne m’attache plus à une entreprise. Un licenciement économique et la crise qui dure depuis 2008 ont fait leur oeuvre.

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Valérie Il y a 9 années

Bonjour Léa,

C’est sûr que se trouver une formation qui corresponde à ce qu’on l’on souhaite faire, qui s’adapte à notre travail et qui en plus soit accepté par l’employeur est loin d’être simple d’autant qu’il n’y a pas forcement un correspondant formation dans l’entreprise.
De plus, les métiers du secrétariat et de l’assistance administrative n’ont pas toujours l’image qu’ils méritent ce qui ne facilite pas la demande de formation.

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Léa Il y a 9 années

Je rajoute aussi le CNAM. Ces formations, on ne me les a pas servies sur un plateau. J’ai dû faire les démarches personnellement auprès des organismes et monter des dossiers de demande de financement en motivant ma demande.

En entreprise c’est différent, on demande et souvent ce sont les cadres qui sont prioritaires. C’est connu, on dépensera en budget formation plus pour les cadres que pour les non-cadres.

Quant au DIF, c’est l’employeur qui reste le maitre.

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Léa Il y a 9 années

Bonsoir Valérie

Bien sûr on conserve ses compétences acquises. Mais ne croyez pas qu’on puisse changer de métier sans suivre de formation. C’était valable il y a …. 20 ans. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Il y a des connaissances techniques à acquérir dans certains métiers où l’improvision n’a aucunement sa place. De plus selon les métiers, les connaissances deviennent vite périssables ; il faut sans cesse se tenir au courant des évolutions.
Lorsque j’étais salariée en cdi, j’ai eu qq formations, qq jours par ci, par là au bon vouloir de mes supérieurs hiérarchiques. Mais en tant que demandeur d’emplois j’ ai pu obtenir des formations de plus longue durée avec des organismes reconnus tels que GRETA ou AFPA. Pour être crédible, on n’affiche pas dans son CV qu’on a suivi une formation de 2 ou 4 jours dans tel organisme. Il faut être réaliste.

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Valérie Il y a 9 années

Juste un truc sur la formation. Il existe aujourd’hui un arsenal de possibilité de financement des frais sans perdre forcement tout le revenu :DIF, CIF, contrat de professionnalisation ou les périodes de professionnalisation et toutes les formations qui peuvent s’inscrire dans un plan de formation. Un salarié a la possibilité de demander à inscrire une formation qui l’intéresse au plan de formation de l’entreprise.

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Valérie Il y a 9 années

Bonjour,

Effectivement le parcours est semé d’embuches.
Vous savez dans les formations en langues, il y a les faux débutants. Dans l’emploi, c’est pareil. Changer de métier ne veut pas dire perdre les compétences, les savoir faire ou savoir être et un certain nombre sont transférables d’un métier à l’autre.

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Léa Il y a 9 années

Bonjour
Cela fait un certain temps que j’entends dire : il faudra changer de métier x fois dans sa vie.
Avez-vous essayé ? Pour changer de métier, il faut suivre une formation. Pour suivre une formation, il faut trouver l’organisme et le financement. Ce n’est déjà pas facile. Si tout s’est bien passé, il faut ensuite trouver un emploi. Et là qu’entendez-vous de la part des entreprises ? Mais vous n’avez pas d’expérience. Il faut être opérationnel immédiatement. Et cela s’entend pas uniquement pour les CDI, mais également pour les CDD et missions d’interim. Quand vous en aurez, revenez nous voir. Autrement dit, trouvez une entreprise bienveillante qui accepte les débutants et ensuite après adaptation accepte que ces personnes s’en aillent à la concurrence. Ben voyons…
C’est loin d’être simple. Les personnes qui ont réussi ont souvent obtenu cet emploi par relation, par piston comme on dit.

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valerie Il y a 9 années

Bonjour à nouveau,

Il est vrai aussi que la personne que je décris n’est pas nécéssairement représentative de sa génération, d’autant que j’ai sans doute un peu durçi le trait. Je connais beaucoup de personnes du même âge largement plus aguerries en matière de technologies et celles ci sont d’ailleurs des aides précieuses pour le dévelopement de mes propres compétences.
De fait quel que soit notre âge, nous nous trouvons dans l’obligation d’être adaptable, mobile, très ouvert aux changements et par là curieux, prompt à la formation, même si cela n’est pas inscrit dans notre nature. De ce point, le travail peut être une source de frustation telle, qu’il est important d’avoir par ailleurs une source de satisfaction.

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Brigitte Il y a 9 années

Complètement d’accord avec Christine.
Nous vivons dans un monde en pleine évolution ; nous n’en sommes peut-être pas tous conscients mais une page de notre histoire est en train de se tourner…
Cette personne qui travaille ds la même entreprise depuis 30 ans, n’a jamais bougé, déménagé, « évolué? » fait partie du passé…
Les Y ne pourront pas se permettre « ce luxe » ?
Je ne suis pas une Y, je fais partie de la « génération précédente » aussi comme le dit Valérie mais j’ai moi aussi déménagé au moins une vingtaine de fois ds ma vie et ai vécu longtemps à l’étranger, je ne suis pas tout à fait une exception parmi les gens que je côtoie mais ma vie n’est pas courante… en revanche les Y devront être plus mobiles tant sur le plan géographique que professionnel (changer de métier ne sera probablement pas rare dans quelques années pour simplement s’adapter à ce monde en pleine mouvance… être bien formé et savoir être mobile : seront-ils les maitres mots ? Intéressant!

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Christine Harache Il y a 9 années

Merci Valérie,
Les Y collaborent plus facilement avec les Y, c’est logique.

Ce que vous dites n’a rien de caricatural, c’est simplement l’expression d’un autre rapport au travail, à l’entreprise et à la vie en général.
Ce qui semble plus caricatural, c’est cette personne qui considère toujours l’ordinateur comme une bête curieuse et effectue les mêmes tâches de la même façon depuis si longtemps. Peut être un manque de curiosité ou peut être que, pour elle, la vraie vie n’est pas au bureau, mais ailleurs.

Personnellement, je trouve sain votre façon de voir votre métier d’assistante : une étape dans votre vie professionnelle, mais pas toute votre vie professionnelle. C’est la condition pour que le métier d’assistante soit un métier comme un autre. C’est à dire un métier dans lequel on peut s’épanouir durablement, mais qu’on peut également quitter facilement quand on le souhaite.

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valerie Il y a 9 années

Bonjour,

Personnellement, en tant que génération Y, je n’ai pas de souci avec un manager de la même génération, parcontre j’ai quelques soucis avec mes collègues de la génération précdente. Une en particulier semble toujours considérer l’ordinateur comme une bête curieuse.
Cette personne a 20 ans de plus que moi, a toujours habité la même ville, travaille dans la même entreprise depuis plus de 30 ans et pratiquement au même poste et pratiquement les mêmes tâches faites de la même façon.
De mon coté, c’est mon deuxième boulot (en terme de fonction), ma sixième entreprise, j’ai déjà déménagé une dizaine de fois et dans trois régions différentes. Je me sens bien dans mon entreprise actuelle, j’aime le travail que je fais mais je n’envisage pas d’y rester vingt ans, à vrai dire, je pense que dans dix ans je serais dans une autre entreprise et probablement à un autre poste.
En me relisant, j’ai presque l’impression d’être caricatural et pourtant cela représente bien la vérité.

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Christine Harache Il y a 9 années

Merci de ces deux témoignages intéressants.
Brigitte, je partage tout à fait votre point de vue. Il y a beaucoup à apprendre au contact des « Y » et les deux générations se complètent bien quand elles ont compris qu’elles ont tout à gagner à collaborer intelligement. J’aime bien votre notion de l’assistante vue comme un « référent ».

France, bien sûr, on peut aussi être assistante ET membre de la génération Y. C’est effectivement une excellente idée d’article. J’ai 2 questions à vous poser :
– Est-ce que vous vous êtes reconnue dans la description des Y ?
– Que voulez-vous dire par : « les managers n’attendent pas la même chose » ? Est-ce que vous voulez dire que les managers n’attendent pas la même chose de vous que d’autres assistantes plus anciennes ?

Merci d’avance

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Brigitte Il y a 9 années

J’ai lu votre article avec intérêt.
Je travaille chaque jour avec la génération Y, quelques « geeks » qui font partie d’un service Digital notamment. Ils sont de passionnants électrons libres et j’apprends beaucoup à leur côté! (ils ont aussi l’âge de mes enfants…)
Très autonomes, très à l’aise avec les nouvelles technologies, assez sûrs d’eux, cependant à l’écoute des ainés pour progresser; ceux qui ont tout compris utilisent les assistantes comme « référents » et je dois dire qu’on se complète bien!

Merci!

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France DUMAS Il y a 9 années

Très intéressant votre article d’autant que j’avais entendu l’expression mais pas encore eu la curiosité de regarder sa définition.

Mais il y a un côté que vous n’abordez pas : je suis assistante ET génération Y, et à ce titre, je sais que les managers n’attendent pas de moi la même chose que mes collaborateurs des générations antérieures.

Peut-être l’idée d’un prochain article, à moins que cela ne soit déjà fait et dans ce cas-là, j’aimerai bien en prendre connaissance !

Bien à vous et au plaisir de vous lire…

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