Les assistants sont-ils stressés ?

Par le 22 novembre 2010

Le stress des assistants a fait l’objet du grand débat qui s’est déroulé lors du salon Office Expo du vendredi 20 novembre dernier.

Les assistants sont-ils stressés ? Y-a-t-il une spécificité du stress des assistants ? Quels sont les facteurs de stress auxquels nous sommes confrontés ? Tels étaient notamment les sujets abordés lors des débats.

De quoi parle-t-on quand on parle de stress ?

Selon l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, on parle de stress lorsqu’il y a déséquilibre entre les contraintes que nous impose notre environnement et les moyens dont nous disposons pour y faire face. Autrement dit, on est stressé quand on se sent démuni, pas en capacité de faire face.

Il peut s’agir d’un stress aigu quand l’événement est temporaire : faire face à une urgence, prendre la parole en public, être confronté à un travail difficile et inhabituel. Quand la situation se normalise, le niveau de stress descend et l’organisme retrouve son rythme habituel.

Il peut s’agir au contraire d’un stress chronique quand on est confronté régulièrement à des situations stressantes. La situation de stress devient habituelle. C’est le stress le plus néfaste, car l’organisme n’a pas la possibilité de se ressourcer.

Les causes organisationnelles du stress

Le stress peut être lié au travail lui-même. Un travail routinier, peu intéressant, trop facile, par exemple, peut être source de stress. La personne s’ennuie, elle n’a pas le sentiment d’utiliser ses compétences. Une surcharge, comme une sous-charge de travail peuvent également être causes de stress.

L’organisation du travail peut être en cause également. Il peut s’agir d’une mauvaise définition de fonction, voire pas de définition de fonction. On ne sait pas ce qui est attendu de nous, sur quoi nous serons évalués, sur quoi il faut concentrer ses efforts. Une mauvaise circulation de l’information peut être également source de stress.

Le management par le stress, qui a été et est encore très en vogue, peut faire des dégats. Sans aller jusqu’au management par le stress, l’absence de reconnaissance et de valorisation peuvent également être incriminés.

Les relations sur le lieu de travail sont également importantes : l’ambiance, la solidarité entre collègues, les communications téléphoniques ou de visu avec des clients de plus en plus exigeants, voire agressifs.

Le poste de travail lui-même joue un rôle : le bruit, la température, une mauvaise organisation du bureau, une conception peu pratique des locaux.

Y-a-t-il une spécificité du stress des assistants ?

Je ne pourrais pas dire que les assistants sont plus stressés que les autres. En revanche, je pense qu’il y a une spécificité du stress des assistants et ce pour deux raisons :

  1. Le fait féminin. 98% des assistants sont des assistantes. Ce n’est pas neutre.
  2. Les particularités du poste en lui-même.

Le stress féminin

Assumer la double journée constitue l’une des sources de stress féminin. Malgré les évolutions de la société, l’éducation et le soin des enfants, ainsi que les tâches ménagères restent majoritairement de la responsabilité des femmes. L’enquête de l’Observatoire Cegos sur les femmes et le travail montre clairement que la première difficulté des femmes au travail est de concilier vie professionnelle et vie privée.

D’autres raisons sont liées à la personnalité. Les femmes seraient plus émotives et, de ce fait, plus sensibles au stress. Le point positif étant qu’elles sont plus à même d’exprimer leurs émotions et donc de les gérer.

Dernier point, les femmes auraient une plus faible confiance en elles-même. Si on se réfère à la définition du stress : ne pas se sentir en capacité de faire face, on conçoit qu’effectivement il y ait là motif à être sensible au stress.

Les particularités du poste d’assistant

Un certain nombre de situations stressantes me paraissent caractéristiques du poste d’assistant.

Citons tout d’abord la difficulté à organiser son temps. Les interruptions permanentes,  typiques du poste d’assistant, sont sources de dispersion et de désorganisation. La collaboration auprès d’une équipe et non plus d’un manager unique complique également l’arbitrage des priorités et soumet davantage à la pression. Le fait, enfin, que le travail de l’assistant intervienne souvent en fin de processus l’amène à devoir rattraper des retards.

Deuxième raison : l’obligation de faire preuve en permanence d’une humeur égale. La position d’interface au sein et en dehors de l’équipe impose à l’assistant d’avoir un excellent relationnel. Ce qui n’est pas toujours facile à longueur de journée. D’autant, qu’à son propre stress, s’ajoute celui de son patron.

La troisième famille de causes est liée à la façon dont les métiers de l’assistanat sont managés. Le manque de reconnaissance et de valorisation du métier, ainsi que le flou entourant bien souvent les missions de l’assistanat en constituent deux bons exemples.

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