La procrastination ou l’art de remettre au lendemain

Par le 22 septembre 2010

La devise du procrastinateur pourrait être : « à quoi bon faire aujourd’hui ce qu’on peut faire demain, voire beaucoup plus tard ? »

Il trouve toujours une bonne raison pour remettre au lendemain des activités pourtant importantes. Il choisit par exemple de terminer d’abord toutes sortes de petites tâches avant de s’attaquer enfin, l’esprit libre, au gros dossier en question. Le problème, c’est que les petites tâches ont pris tout le temps disponible et qu’il n’en reste plus pour le gros dossier.

Pourquoi procrastinons-nous ?

Disons-le haut et fort, le procrastinateur n’est pas un paresseux. Il éprouve simplement des difficultés  à organiser son travail.

Il peut être perfectionniste et se trouver noyé par son souci de la perfection et la nécessité de disposer de tous les détails pour prendre des décisions et avancer les dossiers.

On peut procrastiner également  parce qu’une activité nous inquiète, nous déplait ou tout simplement parce que nous ne savons par où commencer.

Les petits bénéfices de la procrastination

Si la procrastination nous plonge dans des situations de stress intenses en nous imposant des dead lines impossibles à respecter, elle présente un certain nombre de petits bénéfices. Si ces bénéfices n’existaient pas, peut être aurions-nous abonné ce comportement depuis longtemps.

Premier bénéfice : reporter au lendemain permet de vivre à 100 à l’heure. C’est plus excitant d’avoir beaucoup de travail que de n’avoir pas grand-chose à faire. Les amateurs de la bouffée d’adrénaline sont inconsciemment à la recherche d’un peu de stress. N’avez-vous pas remarqué comme l’inspiration vient quand on est très en retard et qu’on a peu de temps pour faire un travail compliqué ?

Deuxième  bénéfice, on est nécessairement très occupé. Or c’est valorisant d’être une personne très occupée. On est forcément quelqu’un d’important et de motivé si on croule sous le travail, si on arrive tôt le matin, qu’on repart tard le soir et qu’on emporte du travail le week end.

Être tout le temps débordé est enfin un bon moyen pour ne pas faire ce que nous n’avons pas envie de faire. Qui oserait insister quand une personne vous refuse un travail parce qu’elle est déjà sous l’eau.

Comment agir ?

Quand on considère tous les bénéfices de la procrastination, on se demande s’il est vraiment utile d’agir. Voici néanmois quelques conseils qui vous aideront, je l’espère, à mieux vous organiser.

Commencer par ce que vous n’aimez pas. Au lieu de le garder dans un coin de votre tête comme un remord, attaquez-vous y en premier.

Certaines activités vous font peur parce qu’elles sont preneuses de temps ou parce que vous ne savez pas comment les aborder. Elles seront moins impressionnantes si vous les découpez. Subdivisez-le en sous-activités moins importantes. Attaquez-vous à un premier point, même peu important. Le fait d’avoir commencé va vous donner plus de courage pour continuer.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Procrastinateur, mon ami, vous avez certainement un avis sur la question. Avez-vous repéré les activités, les moments propices à votre « vice » favori ? Avez-vous trouvé des astuces pour y faire face ? Dans tous les cas, votre avis sera précieux.

A vous la parole ….

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Christine Harache Il y a 10 années

Merci de vos commentaires. Il y a des pistes intéressantes. Pour faire une synthèse :
– travailler sur soi pour mieux se connaitre (ne pas se sous-estimer, faire valoir son expérience, maîtriser sa sensibilité lors d’échanges avec d’autres, maîtriser une discussion pour éviter un conflit,)
– s’autoriser à ne pas faire parfaitement les choses. Et du coup, les faire rapidement et donc ne pas mettre le demandeur devant le fait accompli et lui laisser le temps de faire faire une modif
– fractionner le projet pour être moins noyé par son ampleur
A qui la prochaine piste ?

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Isabelle Laval

Isabelle Laval Il y a 10 années

Il m’arrive également de remettre au lendemain certaines tâches. J’ai remarqué que cela concernait les gros projets, ceux pour lesquels je ne sais pas par quel bout commencer. Alors je remets à plus tard… Mais à moment donné il faut bien s’y mettre… En fractionnant le projet, je me sens plus à l’aise. Grimper plusieurs petites collines est plus rassurant que d’attaquer d’emblée une montagne ! Cela permet également de se sentir un peu moins « noyé » par l’ampleur d’un projet.

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Anette Il y a 10 années

Bonjour Christine, ce que j’ai compris, c’est qu’en faisant à la dernière minute un travail je ne me permet pas d’avoir le même niveau d’exigence dans la réalisation, pour faire clair, je finasse moins. En fait c’est qu’on ne s’autorise, pas en général, de faire les choses a peu près bien. Sauf que du coup on ne les fait pas. Alors pour éviter de m’épuiser à faire les choses à la dernière minute, je m’autorise à ne pas les faire parfaitement. Ce qui veut dire que si il y à vraiment besoin de faire une modif, et bien la personne à qui j’ai rendu le travail à le temps de revenir vers moi pour me demander une amélioration, ou de corriger quelque chose. L’autre avantage c’est de ne pas mettre la personne devant le fait accompli et de s’autoriser un dialogue, une collaboration !
Bien amicalement

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Christine Harache

Christine Harache Il y a 10 années

Un témoignage intéressant, merci Jocelyne.
Effectivement, la motivation ne se décrète pas et il faut compter avec la forme physique.

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Jocelyne NATIER Il y a 10 années

Bonjour,

Comme tout à chacun, il m’arrive également de remettre au lendemain certaines tâches. J’ai tenté d’analyser ce comportement et ai décelé que derrière cette attitude pouvaient se cacher soit un manque de motivation (non intérêt du sujet, tâches fastidieuses à faire et sur du long terme, etc…), soit un manque de confiance dans ma capacité à remplir lesdites tâches ou une difficulté à aborder les collègues sans qui mon projet ne pouvait aboutir.
Forte de ces constats, j’ai décidé de travailler sur moi en suivant des formations me permettant de mieux me connaître (ne pas me sous-estimer, faire valoir mon expérience, maîtriser ma sensibilité lors d’échanges avec d’autres, maîtriser une discussion pour éviter un conflit, etc…). Au fil du temps, le « remettre au lendemain » s’estompe. Reste le paramètre de la motivation qui lui est étroitement lié à des paramètres plus tangibles : on peut être motivé mais sans entrain, fatigué, etc… On ne peut pas toujours être au top !

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